"Adieux à Sou Wou", Li Ling

Publié le par VincentdeParis

Adieux à Sou Wou

 

 

I

 

Les jours heureux jamais ne reviendront ;

Dans un instant nous serons séparés.

Près du carrefour, troublés et tremblants,

Main dans la main, nous tardons dans la steppe.

 

Vois là-haut : légers courent les nuages ;

Soudain, voici que l'un dépasse l'autre.

D'un souffle de vent tous sont balayés ;

Chacun va se perdre dans un angle du ciel.

 

Il faut, pour toujours, ici nous quitter ;

Du moins, demeure encore un court instant...

Puissé-je au vent du matin m'envoler !

Que mon corps toujours reste près du tien !

 

 

II

 

Nous montons vers le pont, nos deux mains enlacées :

Voyageur en partance, où seras-tu ce soir ?

Sur les bords du sentier, nos pas sont hésitants,

Trop tristes, trop tristes pour pouvoir nous quitter.

 

Hélas ! celui qui part ne peut tarder longtemps ;

Chacun promet à l'autre un souvenir fidèle.

Peut-être passons-nous de la lumière à l'ombre :

Pleine lune et croissant, chacun vient à son heure.

 

Courage ! Portons haut l'éclat de nos vertus !

C'est dans les cheveux blancs que je mets mon espoir...

 

 

III

 

Jours précieux, que nous ne verrons plus !

Trois ans, pour moi, vont durer mille automnes.

De mon bonnet lavant la bride au fleuve,

Je penserai bien tristement à toi...

 

Les yeux au loin, d'où monte un vent lugubre,

J'ai là ce vin, mais n'ose emplir ta coupe.

Celui qui part, ne songe qu'au départ ;

Que pourrais-tu pour calmer mon chagrin ?

 

Je m'en remets aux suprêmes rasades,

Pour nous lier d'un éternel lien.

Publié dans Poésie Chinoise

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